Je passe rapidement sur la soirée de jeudi, au cours de laquelle Camille avait organisé sa première pyjama partie, qui après menace d'annulation pour cause de gastro, a finalement été maintenue, les parents du petit copain  ayant fait preuve d'une zénitude peu commune à la veille de leur départ en vacances...

Je vous passe les blagues subtiles auxquelles la réunion de trois enfants âgés de trois à cinq ans peut donner naissance et je n'insiste pas non plus sur les rires discrets qui en sont la conséquence.

Je vous laisse également imaginer avec quelle facilité vont se coucher ces mêmes enfants apaisés et détendus par leurs jeux innocents et je vous emmène directement à ce WE qui a fini en apothéose cette semaine riche en événements.

Vous vous souvenez sans doute qu'il y a un peu plus d'une semaine de ça, nous avions eu pour la première fois l'occasion de rigoler en famille avec les poux.

Vous vous souvenez sans doute également que dans la notice du Pra*ix, il était recommandé de recommencer le traitement au bout de sept jours.

Théoriquement, j'aurais donc dû refaire un shampooing à toute la famille, mercredi dernier. Simplement, comme je suis plus maligne que tout le monde et qu'entre le mercredi précédent et mercredi dernier, j'avais déjà refait un shampooing à tout le monde au cours du WE parce que c'est quand même plus facile de faire ça le WE plutôt qu'en pleine semaine, j'avais légitimement pensé avoir endigué l'invasion et m'être définitivement débarrassée de nos petits invités indésirables.

Mais comme j'ai beau être plus maligne, je n'en suis pas moins dotée d'une certaine ouverture d'esprit, j'avais quand même noté dans un coin de ma tête que si autant de discours concordants circulaient sur les poux et la difficulté de s'en défaire il serait peut-être plus prudent de surveiller pendant le WE, l'état de la chevelure de ma couvée.

C'est ainsi que samedi matin, par acquis de conscience et relativement confiante, je scrute les cheveux de Camille.

Et bien croyez-moi ou pas, ils étaient revenus.

Et pas qu'un peu.

Des lentes, mais des lentes... par grappes entières.

J'avise Aurélien qui passait par là et, tout en espérant que s'il y avait échappé une fois, il y aurait bien échappé une deuxième fois, je cherche frénétiquement et sans gros effort, j'identifie rapidement quelques lentes.

La mort dans l'âme, je vais chercher Corentin, le bébinou, le plus mignon des trois, celui qui est en train de jouer tranquillement dans son coin, qui ne demande rien à personne, qui ne ferait jamais le coup à sa maman de lui ramener des poux...

Désillusioooooon !!! Même le bébinou est contaminé. Et dans ses cheveux fins, non seulement j'identifie les lentes, mais je parviens même à voir des poux.

C'est à ce moment qu'une certitude m'assaille. Si les deux enfants qui avaient été épargnés la dernière fois ont été touchés cette fois-ci, c'est peut-être que d'autres membres de la famille l'ont également été.

Et des autres membres de la famille, à part Monsieur mAlice, Ishbel et moi, il n'en reste pas des masses.

L'horreur.

Ni une, ni deux, j'attrape Camille, je l'asperge de Pra*ix et je l'enferme dans la salle de bain.

immédiatement après je course Aurélien à travers l'appartement, mais lui qui déteste qu'on lui lave les cheveux, comprend très vite où je veux en venir et, la terreur lui donnant des ailes, il persiste à m'échapper en hurlant.

A trois ans et demi, il faut reconnaître qu'il bénéficie d'un avantage non négligeable sur moi, c'est qu'il passe encore sous la plupart des meubles sans trop de difficulté.

Avec l'aide de Monsieur mAlice, nous finissons par parvenir à le prendre en tenaille mais il continue à se débattre, au point que je n'arrive pas à vaporiser le Para*ix sans risquer de lui en mettre dans les yeux.

Pour le calmer, je suis obligée de le menacer de lui raser la tête s'il ne se tient pas tranquille.

- ça veut dire quoi raser?

- ça veut dire que je vais te tondre comme un mouton.

- Nooon ! t'as pas le droit de faire ça !!!

- Ah oui, tu veux essayer pour voir?

Heureusement pour moi, il ne tient pas particulièrement à essayer.

J'enferme donc les deux aînés dans la salle de bain pendant que se répand dans l'appartement une odeur qui doit laisser penser aux voisins que nous sommes en train de nous prendre une cuite au pastis.

ça et les hurlements d'Aurélien, c'est un coup à se prendre un signalement DDASS...

Le bébinou, au milieu de tout ça reste imperturbable et continue à jouer avec ses voitures.

Il est trop petit pour le para*ix, qu'à cela ne tienne, j'ai un autre produit adapté aux tous petits. Il faut simplement le laisser agir plusieurs heures.

J'asperge donc Corentin, je lui couvre ensuite la tête avec un lange et l'un dans l'autre, c'est maintenant l'heure de la sieste matinale, je le couche, il s'endort sans un pleur.

Même avec des poux, le plus petit est décidément toujours aussi mignon.

Le moment est maintenant venu de récupérer les deux grands qui enfermés dans une pièce sans aération et enveloppés dans les vapeurs du pastis ricanent à qui mieux mieux en se demandant lequel a le plus de poux.

Une fois rincés, se profile l'épreuve du peigne à poux. Camille, déjà bien entraînée à cet exercice fait preuve d'une belle indifférence contrairement à son frère se met à braire aussitôt qu'on approche de ses cheveux l'engin de torture.

Seule la menace une nouvelle fois brandie de la tonsure parvient à le ramener à la raison.

ça et la promesse que je lui montrerai chaque pou que j'aurai attrapé avec le peigne...

Il s'avère que la crainte du peigne à poux doit être génétique parce que le bébinou, d'habitude si mignon fait montre d'un comportement similaire à celui de son frère et braille comme si on allait le scalper aussitôt qu'il voit l'outil.

Las de ses cris, conscients que nous ne parviendrons pas à l'épouiller correctement, Monsieur mAlice et moi décrétons l'état de siège et la loi martiale, nous décidons donc, pour le bien de tous, de sacrifier la chevelure du plus petit.

Je vous rassure, nous ne l'avons pas totalement tondu, mais juste sensiblement raccourci...

... avec le talent que l'on peut nous imaginer...

Le reste de la journée se passe à faire tourner des machines et à vaporiser au Altopoux (véridique) ce qui ne rentre pas dans la machine (y compris Ishbel).

Le soir, Monsieur MAlice et moi-même nous aspergeons à notre tour de para*ix avant d'aller nous coucher en rêvant du sud, d'une piscine, de soleil...

Juste avant de sombrer, j'ai une dernière pensée pour les parents du petit copain de Camille et pour leur belle zénitude probablement envolée à la suite du message que je leur ai laissé pour m'excuser...

Demain pour me consoler, je tenterai de faire des macarons...